Scic-RadioPhare
L'Initiative Coopérative d'Information RadioPhare participe activement à la définition et au développement d'un réseau de sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC), les SCIC-RadioPhare (constitutives de l'Union Ici-Direct), chacune ayant pour objet l'acquisition progressive d'une totale maîtrise coopérative de l'enjeu d'intérêt collectif que représente, sur le territoire d'une collectivité territoriale donnée, le réseau local d'accès à l'Internet (entendu tant en termes de réseaux d'aujourd'hui qu'en termes de réseaux de nouvelle génération - NGN, Next Generation Network) afin d'en garantir structurellement l'ouverture et la neutralité.
Citation FING : La grande liberté qui règne sur l'internet a permis à une très grande variété de services d'émerger de manière spontanée. Si l'on rend cela facile et si les règles de création d'un nouveau service sont claires, l'introduction de nouveaux services sera rapide. Il ne faut donc pas, sur le haut débit, reproduire l'erreur commune qui consiste à permettre (voire à susciter) la création de monopoles. L'utilisateur doit rester au pouvoir, il doit en permanence avoir le choix.
Les infrastructures ouvertes et neutres ont pour vocation de créer une place de marché sur lesquels les fournisseurs de services et les opérateurs, gros et petit, se feront concurrence pour attirer et fidéliser les clients. Seule un tel lieu neutre est en mesure de fournir, par exemple, les mêmes chances aux fournisseurs d'accès indépendants qu'aux opérateurs historiques et aux multinationales.
De telles infrastructure permettent également de bénéficier de synergies et d'économies d'échelle grâce au partage de ressources :
Entre fournisseurs de services, qui ne sont pas contraints de créer chacun son infrastructure, ou d'emprunter à des conditions défavorables les infrastructures d'un concurrent direct ;
Entre types de services (internet, TV, téléphonie, etc.) ;
Entre modes d'accès (avec et sans fil)...
La solution réside dans la mise en place d'un nombre croissant d'« îles » de réseaux large bande neutres, exploités d'une manière qui garantit le choix des utilisateurs (cette citation est extraite du compte-rendu d'un voyage d'étude en Suède d'une délégation DATAR/CDC/FING en avril 2002 : intégralement disponible ici sur le site de la fing).
Les SCIC-RadioPhare opérant sur ce modèle seront elles-mêmes sociétaires de plein droit de l'Union des Initiatives Coopératives d'Information (Union Ici-Direct), créée sous la forme d'une Union d'Economie Sociale qui se dote progressivement des compétences nécessaires pour gérer les questions d'interconnexion entre les réseaux distants des différentes SCIC-RadioPhare.
Sociétaires créateurs d'activités et d'entreprises
Au sein d'une SCIC-RadioPhare de cette nature, les premiers sociétaires, premiers usagers potentiels du futur réseau local d'accès ouvert et neutre jouent un rôle déterminant dans la dynamique d'innovation. Il s'agit de créateurs d'activités et d'entrepreneurs ayant une bonne compréhension des enjeux d'aujourd'hui et qui, dès lors, ne conçoivent pas la création d'activité et d'entreprise comme une aventure individuelle mais qui font le choix stratégique d'un développement en réseau solidaire, c'est à dire en coopération avec d'autres créateurs et entrepreneurs, en interaction étroite avec le territoire sur lequel ils sont implantés.
La SCIC-RadioPhare est, déjà à ce niveau, un déclencheur qui donne un premier objet à gérer collectivement et provoque en retour un effet mobilisateur significatif pour de nouvelles formes de coopération territoriale dans le champ de la création d'activités et d'entreprises.
Au premier stade de la constitution de la SCIC-RadioPhare la priorité est de faire apparaître, de révéler ces premiers sociétaires dont l'existence conditionne et justifie en soi le propos : d'abord les révéler à eux-mêmes, ensuite les révéler à leur environnement social, économique et politique et, enfin les révéler aux différentes structures publiques et professionnelles dédiées au soutien aux créateurs. La SCIC-RadioPhare devient alors l'interface idéal entre les différents pôles, tant publics que privés, moteurs du dynamisme économique et social d'un territoire (voir l'exemple des Ateliers du Soleil).
Immédiatement et dans le prolongement de la mobilisation de ce pôle économique, la SCIC-RadioPhare doit tout mettre en oeuvre pour élargir son sociétariat à d'autres acteurs publics et privés intervenant sur le territoire dans les multiples domaines de la vie publique, sociale, éducative et culturelle.
Libres Services Fr (Atelier8)
Dès lors que cette méthode d'approche du territoire nous assure d'avoir un premier niveau de pilotage du réseau d'accès par ces utilisateurs, il est déterminant que des fournisseurs de services et des opérateurs, gros et petits, deviennent eux aussi rapidement sociétaires d'une telle infrastructure ouverte et neutre sur laquelle ils vont se faire concurrence pour attirer et fidéliser les clients dans un double esprit de coopération et de compétion : c'est ce fameux esprit de coopétition qui s'est déjà révélé particulièrement stimulant pour l'innovation.
D'entrée de jeu leur engagement de sociétaires de la SCIC-RadioPhare doit se traduire par une participation active au fonctionnement d'un atelier en libre service permettant aux autres utilisateurs de tester librement les produits, les services, les applications proposés ou en cours de développement sur le réseau local. Un tel lieu d'apprentissage, à la frontière des sociétés en ligne et hors ligne, marque la capacité des sociétaires de la SCIC-RadioPhare à intervenir à l'interface du cyberespace et de l'espace réel ; nous sommes là à la source d'un pouvoir économique, social, politique important dans le monde contemporain, le technopouvoir (cf. Géopolitique d'internet, Solveig Godeluck, aux Editions La Découverte) qu'il est ici question, malgré sa volatilité mondialisée, de domestiquer au service des territoires de proximité.
Le rôle clé tenu par l'Atelier Libre Services Fr au sein de la SCIC-RadioPhare consiste alors à renforcer la compatibilité et la complémentarité entre les matériels et à stimuler les collaborations entre sociétaires à partir des ressources exploitables au sein du réseau local.
Grand Hôtel
Afin que l'ensemble du mouvement puisse disposer d'une base expérimentale partagée, l'Initiative Coopérative d'Information RadioPhare est directement engagée dans la mise en oeuvre sous le titre « Grand Hôtel » d'une SCIC-RadioPhare prototype et nomade, dotée d'une plate-forme de recherche appliquée grandeur nature, parfois visible in situ à Saint-Martin de Ré où il est aisé de se déplacer et de résider quelques temps pour se familiariser tant avec la théorie qu'avec la pratique des Initiatives Coopératives d'Information à des fins de transferts de savoir-faire et d'apprentissage mutuel. Grand Hôtel est bien un lieu de formation.
Afin que la plate-forme « Grand Hôtel » puisse diffuser rapidement ses résultats dans toute la France, les 120 premiers sociétaires du « Grand Hôtel » ont tous la particularité d'être engagés simultanément dans le développement d'une SCIC-RadioPhare dans l'un ou l'autre des 120 lieux pilotes, ces clairières, ces oasis, ces hot spots, ces yourtes, ces repères, identifiés soit par eux-mêmes soit par le réseau à travers la France, l'Europe, le Monde.
Internet & Territoires
Ainsi, le déploiement de l'Internet peut et doit permettre d'équilibrer les chances entre les territoires, induire des utilisations plus fines de l'espace, participer au développement local et naturellement à la vie publique, par exemple pour ce que nous connaissons bien ici à la gestion démocratique des crises dans la société du risque qui a émergé ces dernières années. Mais cela ne peut se produire en l'absence de politiques d'aménagement vigoureuses.
Car il s'agit bien de problèmes d'aménagements autant sur le plan des infrastructures de télécommunication que sur celui des plateformes matérielles et logicielles et surtout des compétences dont il est nécessaire que chaque territoire dispose pour aborder ce nouveau continent.
Parce que le réseau est un véritable puzzle dont la construction est tout autant matérielle que logicielle et surtout humaine il est capital, pour que les territoires bénificient vraiment des avantages qu'il peut procurer, que les demandes des utilisateurs se structurent progressivement dans une réelle cohérence et synergie avec la nature du réseau, ce que certains ont parfois évoqué en parlant d'écologie du réseau.
Et qu'est-ce-que l'écologie sinon une utilisation raisonnable des ressources dont nous disposons ?
La cohérence du réseau est essentiellement faite de mutualisation des ressources et de coopération dans l'exploitation de ces ressources ; or la première ressource, en quelque sorte la matière première du réseau, c'est l'infrastructure.