Premiers éléments de réflexion entre les participants inscrits ici sur la liste [radiophare]
Base MariTeam : Prenons nos responsabilités...
Recensons les bateaux à risques en les photographiant partout dans le monde !
A l'initiative du RadioPhare des citoyens répartis sur l'ensemble des littoraux de la planète ont décidé à la suite des naufrages de l'Erika et du Ievoli Sun de réagir et de participer directement à leur niveau à la surveillance des navires à risque.
Alors que la commission européenne en appelle à la mise en place d'un «système européen d'information sur le trafic maritime» cette action doit démontrer aux responsables politiques que la société civile restera présente et constructivement critique tout au long de la mise en oeuvre des mesures indispensables.
Prenez le temps de
lire ici le communiqué en français et les différentes versions internationales proposées.
Ce qui recommence, ce qui a changé
Ievoli Sunk (sic) : Tour d'horizon subjectif d'une citoyenne en colère par Pascale Louedec dans uZine2 en date du 2 novembre (à lire absolument ici ;-) sans oublier de profiter du forum qui se situe au pied de l'article pour réagir.
Un débat politique en préparation sur RadioPhare
C'est pas ma faute !
Les explications données par les autorités politiques françaises sur la lenteur des processus décisionnels à l'échelon européen en matière de sécurité du transport maritime sont peut-être plausibles mais la société civile a de quoi s'inquiéter sur la qualité des processus décisionnels en Europe.
Nous ne pouvons pas nous satisfaire en ce domaine des seules déclarations que les membres du gouvernement et le Président de la République nous font transmettre par médias interposés. Une explication franche, contradictoire, en ligne directe avec le petit bout de société civile que nous représentons nous semble indispensable.
Le RadioPhare va organiser à cet effet dans les jours qui viennent sur sa liste de discussion [radiophare] des échanges entre des membres du gouvernement, des parlementaires français et européens, des citoyens motivés. Nous avons commencé à prendre les premier contacts afin d'identifier ceux et celles qui voudront bien jouer le jeu et s'inscrire dans les pratiques d'échange d'information que nous connaissons bien ici mais vis à vis desquelles la classe politique a encore beaucoup à apprendre.
Les acteurs opérationnels publics et privés ont compris lors de la crise de l'Erika tout l'intérêt qu'il pouvait y avoir à cette relation directe, nous espérons que les politiques sauront à l'occasion de la crise de l'Ievoli Sun opérer la même mutation fondamentale dont la démocratie ne peut que ressortir profondément enrichie.
Le scénario des 30 et 31 octobre 2000
BREST, 30 oct (AFP - 10H24) - Un chimiquier italien, l'Ievioli Sun, est en détresse
depuis lundi matin au large du Finistère Nord et ses 14 hommes d'équipage
ont été évacués par un hélicoptère de la Marine Nationale, a-t-on appris auprès de la préfecture Maritime à Brest.
Le remorqueur "Abeille Flandres" est arrivé sur zone vers 9H00 et s'efforce
de prendre en remorque le chimiquier naufragé. Celui-ci contient 6.000
tonnes de produits chimiques dont la nature n'a pu être précisée pour le
moment.
Contrairement aux premières informations qui situaient le navire au large
de l'île d'Ouessant, le Ievoli Sun se trouve actuellement à 80 km au nord
de l'île de Batz (Finistère nord).
Le capitaine du tanker chimique italien avait signalé une faiblesse de
structure et une voie d'eau dans son double-fond lorsqu'il a alerté les
secours lundi à 04h30, a précisé la Préfecture maritime dans un communiqué.
Les conditions météo étaient très mauvaises en Manche Nord depuis le milieu de la nuit avec des vents de force 10 (environ 100km/h) et une mer très
forte (voir msg Pascale Louedec 30/10/00 : force des vents)
BREST, 30 oct (AFP - 11H38) - Selon la préfecture maritime, une légére pollution entoure le bateau. Les sauveteurs ignorent si cette pollution est due à la cargaison ou à une fuite de fioul de propulsion.
RENNES, 30 oct (AFP - ?) - Le plan POLMAR a été déclenché après la constatation autour du navire d'une pollution qui provient de la cargaison, indique le communiqué du ministère (des contacts ont été établis avec les autorités
britanniques, le navire se trouvant à la limite des eaux des îles
anglo-normandes)
L'Ievoli Sun a quitté Fawley (GB) pour rejoindre Bar (Yougoslavie) via Berre
(Bouches-du-Rhône) en
déclarant un chargement de divers produits chimiques, dont certains de
forte toxicité", précise le ministère. (voir msg Pascal Braud 30/10/00 : Ievoli Sun en chiffres)
- 4000 tonnes de Styrene (sur ce produit voir msg Pascale Louedec 1 et 2 )
- 1000 tonnes de Methyl Trichlorosilane
- 1000 tonnes d'Alcool Isopropylique (voir msg Pascale Louedec 1 et 2 )
Le principal (4.000 T), le styrène, est "insoluble dans l'eau, très toxique, très corrosif et déflagrant", selon la préfecture maritime. Les deux autres produits, le méthyle trichlorosilane (1.000T) et l'alcool isopropylique
(1.000 T), sont solubles dans l'eau et très faiblement toxiques, a-t-on
indiqué.
Accidents chimiques en mer étude de cas (accord de Bonn)
"Le pire scénario" serait que ces produits chimiques "entrent
dans un estuaire: c'est la mort assurée de toute faune et toute flore", a
assuré le directeur du centre d'études CEDRE, Michel Girin.
Le navire était lundi sous surveillance du remorqueur de haute-mer Abeille
Flandres, "qui pourrait tenter un remorquage si les conditions de sécurité
de l'équipage le permettent", ajoute le ministère.
Pour le moment, aucune tentative de remorquage n'a été menée pour déplacer le navire naufragé. Il s'agissait d'abord de stopper sa dérive est-sud-est, qui, à raison d'1,5 noeud (près de 3km/h), l'aurait amené inexorablement vers la côte nord de la Bretagne (Préfecture Maritime)
Deux scénarios sont envisagés: soit le navire peut continuer à flotter,
auquel cas il est possible de l'amener dans un port. Soit il va couler avec sa cargaison.
Bien que de construction relativement récente (1989), l'Ievoli Sun présente un mauvais facteur de risque. Il est classé 35,
sachant qu'au-delà de l'indice 50, les navires ne sont plus autorisés à
prendre la mer. "C'est un navire d'un état très moyen", a souligné le commissaire Jean-Loup Velut.
Selon un responsable de l'armement napolitain Marvani (propriété de la famille Ievoli), propriétaire et gestionnaire du navire, le tanker a été contrôlé récemment, le 26 octobre dernier, en Hollande.
Le Ievoli Sun a aussi été inspecté à Rijeka, en Croatie le 28 octobre 1999. Rien à signaler à
cette date. En revanche, le chimiquier a été contrôlé le 14 avril 1999 à Amsterdam. Il avait alors été immobilisé sept jours, afin de se mettre en règle. Une douzaine d'anomalies avaient été décelées par les inspecteurs.
La société de classification RINA (la société italienne qui assurait la classification de l'Erika) avait délivré le permis de navigation le 16 mai 1996. Il était
valable jusqu'en 30 avril 2001. Pour être reclassifié, le navire doit subir une visite approfondie,
en cale sèche. C'est à cette occasion que l'on peut déceler d'éventuels problèmes de
structures, ce qu'une inspection classique ne permet pas de faire.
BREST, 31 oct (AFP - 08H55) - «Cela se passe bien, la remorque tient pour l'instant», a déclaré l'officier de communication de la préfecture maritime, Michel Vivier. Le chimiquier Ievoli Sun est remorqué à une vitesse d'environ 5 km/h par le remorqueur de haute mer Abeille Flandres. Il se trouve à 80
km du Cap de La Hague. A 6h30, il a doublé le plateau des Casquets et se dirigeait vers le
nord-est. Le port de destination (Cherbourg, le plus proche ou Le Havre, mieux équipé) devrait
être bientôt connu, selon Jean-Claude Gayssot, ministre des Transports.
RENNES, 31 octobre 2000 (AFP - 10H18 heure de Paris) Le chimiquier italien Ievoli Sun a sombré mardi matin à une quinzaine de km du cap de La Hague, au nord de l'île anglo-normande d'Aurigny, a annoncé la
préfecture maritime de Cherbourg dans un communiqué.
Le navire chimiquier, qui avait été pris en remorque par l'Abeille Flandre
lundi à 15h00, a sombré mardi à 09h00 à 19 km environ au nord-ouest de
l'île d'Aurigny par 11 (milles) nautiques.
[...]
Voir la carte proposée par Antoine Berthéas
"Les moyens aériens et nautiques de la marine nationale restent en
observation à proximité du point de naufrage dans le but de déceler une
éventuelle pollution", poursuit le communiqué de la préfecture maritime de
la Manche.
L'Ievoli Sun s'était accidenté dans la nuit de dimanche à lundi au large de
l'île de Batz (Finistère nord), et présentait une voie d'eau à l'avant et
une fuite à l'arrière. Stabilisé dans un premier temps par le remorqueur
Abeille Flandre, il avait commencé à être amené lundi après-midi en
direction d'un port de la Manche, avant de sombrer au nord de l'île
anglo-normande la plus au nord, séparée de la côte du Cotentin par un
chenal de 15 km. Il se trouve désormais à 3 km de la fosse des Casquets où reposent, par 170 m, des milliers de fûts radioactifs, des munitions et des produits chimiques, pesticides, carburant.
Les catastrophes écologiques se sont succédées dans cette zone :
En 1999, 50 navires par jour en moyenne ont déclaré transporter des substances dangereuses.
Entre 1951 et 1998, la Manche a connu 26 accidents de pétroliers.
La Grande-Bretagne a reconnu avoir déversé dans la zone de la fosse des
Casquets quelque 17.000 tonnes de fûts contenant des déchets de faible à
moyenne radioactivité, entre 1950 et 1963.
En juin dernier, Greenpeace avait filmé ces fûts de déchets radioactifs , rouillés, cassés et désintégrés .
Des explosifs datant de la Seconde Guerre mondiale avaient déjà été
immergés dans la fosse, profonde de 160 mètres environ.
En mars 1989, un conteneur de 5 tonnes de lindane, un pesticide toxique, avait coulé. L'épave du navire auquel appartenait ce
conteneur, le Perentis, repose toujours à 44 milles du Cotentin, dans les eaux
territoriales britanniques.
En décembre 1993, le porte-conteneur Sherbo perdait à son tour 90 de ses
conteneurs à la suite d'une tempête, dont dix contenaient des pesticides . Des
petits sachets de produits toxiques avaient été retrouvés sur les plages du
Cotentin. Au bout de trois mois néanmoins, le produit ne représentait plus de
dangers pour la faune et la flore.
Revue de presse du 31/10/00 msg Pascale Louedec 1 et 2 - 3 - 4
Toutes les dépêches sur Yahoo Actualités
Questions en débat autour de l'affaire Ievoli Sun
N.B : le suivi du débat sur www.developpement-local.net

Impuissance politique de l'Europe :
La prochaine sera multicolore (msg de Fred Serre à Concarneau)
19 propositions pour l'amélioration de la sécurité maritime (msg du collectif de Saint-Nazaire et du Littoral)
30/10 16h20 BREST. Dans un communiqué, le syndicat CGT des marins de
commerce et de la pêche de Brest reproche aux pouvoirs publics de n'avoir
pris «aucune mesure concrète» de sécurité depuis le naufrage de l'Erika.
Jean-Paul Hellequin, un représentant CGT qui avait mené
pendant près d'une semaine un mouvement de colère des marins salariés des remorqueurs, en juin lance : «Cette catastrophe dès la première tempête de
l'hiver était prévisible, sauf pour les spécialistes parisiens».
BRUXELLES, 1er nov (AFP) - La Commission dénonce les atermoiements des Quinze sur la
sécurité maritime (lire la dépêche)
Sur la responsabilité de l'affrêteur :
Après TotalFinaElf, c'est au tour de la multinationale Shell de venir s'expliquer sur le devant de la scêne. Le principe d'une responsabilité conjointe du propriétaire d'une cargaison dans ce type de catastrophe avait été évoquée au dernier sommet européen de Biarritz. Bien que le droit soit encore en retard sur les faits, la Shell semble se préparer à anticiper sur le droit : «Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités s'il y en a, à limiter les risques et à récupérer notre
cargaison», a indiqué Christian Balmes, PDG de Shell (msg de Pascal Braud)
Sur la nature de la cargaison :
Dès le mercredi 1er novembre un problème est posé par la différence entre l'information donnée par Jean-Paul Hellequin, un représentant CGT des marins, et l'information donnée par Shell (à suivre)
Questions sur les choix pendant la tentative de sauvetage :
Comme pour l'Erika, les premières mises en cause des choix effectués à ce stade sont apparues très vite et cette fois ce sont les politiques qui, à l'Assemblée Nationale ont tiré les premiers ; cela risque fort d'alimenter les polémiques dans les prochaines semaines. Il y a déjà du pain sur la planche pour Georges Tourret, le patron du BEA/mer (Bureau Enquête Accident) (msg de Pierre Fay )
 Vous pouvez vous inscrire sur la liste de diffusion radiophare@radiophare.net au sein de laquelle se construit progressivement le réseau d'information mutuelle.

[découvrez le magazine de la géographie pour tous] [retour à l'index]
|