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| Le mezzé |
Le mezzé est par définition un assortiment de hors-d'oeuvre différents qui va de six à cents plats. Donc sur une même table vous verrez exposé un tas de petits ramequins aux contenus divers. Les origines des plats, des ingrédients ou simplement des façons de faire, témoignent des apports des différentes civilisations qui sont passées par le Liban, et des échanges qu'ont entretenus les Libanais et leurs ancêtres avec les différentes populations. Le mezzé, patrimoine commun à tous les libanais, constitue une unité, mais cette unité est multiple. Si le mezzé est commun à toutes les régions libanaises, ce n'est toutefois pas le même mezzé qu'on retrouve dans ces différentes régions. Celui qu'on déguste à Beyrouth n'est pas le même qu'à Tripoli ou à Zahlé. Chaque région a ses spécialités. Le mezzé est influencé par le climat, la situation géographique donc les ressources naturelles; celui des campagnes, par exemple, est riche en salades vertes, zaatar (thym) w bassal (oignon), en baklé, hendbé etc, et en préparations à base de légumes comme les ftayirs bé hendbé (des triangles de pâtes contenant le hendbé), et a un plateau de légumes très riche, tandis que les villes du littoral, ont un mezzé riche en poisson. De même le mezzé dépend des traditions et coutumes, mais aussi du budget qu'on lui réserve. Ainsi donc, la richesse du mezzé réside dans le fait qu'il respecte la particularité de chacun tout en étant commun à tous. Le mezzé n'est pas un simple repas traditionnel. Il est plutôt un spectacle qui s'offre à nos cinq sens : c'est une arche de Noé contrastant par ses couleurs, c'est une palette de saveurs, un mixage de sons, un pêle-mêle de parfums, une variété de textures. Mais un tel spectacle ne se fait pas d'un coup, il se fait en trois temps. C'est là d'ailleurs qu'on retrouve les temps Maussiens de l'économie symbolique du don. Puisque le libanais, d'une hospitalité légendaire, adore recevoir, il cherche à offrir ce qu'il a de mieux à ses convives. Le premier temps, celui de la préparation, sera très minutieux, ressemblant plutôt à un travail artisanal. Et c'est une tâche réservée à la femme. Ensuite les convives, en le recevant, se le partagent à travers les bons plats, le pain et le sel, gage de confiance, mais aussi et surtout à travers les paroles de convivialité. Le troisième temps sera, enfin, celui de l'invitation en retour.
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| Les courses
et les paris |
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Situé au cœur de la capitale, endroit où des milliers de turfistes assouvissent leur passion du jeu et leur amour de sports équestres, l'hippodrome de Beyrouth a constitué la ligne de démarcation et le lieu de passage entre les deux zones (Beyrouth Est et Ouest) pendant la guerre. Cet hippodrome a résisté aux nombreuses tentatives de destruction. Sa transformation en NO MAN'S LAND avait été considérée, à tort ou à raison, comme un complot visant à miner l'union nationale. Malgré les tentatives de mettre fin à la mission nationale
de l'hippodrome, ce dernier demeure un lieu commun, un lieu d'échange
et un lieu public par excellence. Pendant la guerre, les courses étaient
intermittentes. En effet, les turfistes attendaient la moindre occasion
pour se réunir et affirmer leur volonté de se rassembler
à l'intérieur de l'hippodrome malgré les divisions
et les conflits à l'extérieur. D'autre part, l'apport des courses en matière d'emplois directs
est très important. Ils sont indispensables pour l'élevage,
pour l'entraînement (employés, jockeys), pour les courses
(employés d'entretien, administratifs, organisation des paris).
Les emplois indirects découlant des activités de
l'hypodrome sont loin d'être insignifiants : sous-traitants, fournisseurs
de biens et de services, équipements pour les chevaux (sellerie,
ferrures, nourriture, vétérinaire, pharmacie…), équipements
pour l'hippodrome, centre d'entraînement, journaux et restaurants… L'hippodrome est comme une image réduite du monde extérieur
: "Je suis musulman, elle est chrétienne mais là,
peut être à cause des paris, ni le sexe, ni la religion ne
comptent. Ce qui est formidable!" |
