E n t r e    mer 
e t     montagne
Entre montagnes et mer, la situation géographique de Beyrouth, site de passage entre Nord et Sud, entre la Corne d'Or du Tigre Euphrate Oronte et l'Égypte, entre Orient et Occident, lui a permis d'être un carrefour de civilisations.
 
 

Habitant une terre en bordure de la mer, adossée aux montagnes, en affront avec le désert, connaissant les périls de la guerre et des invasions, sous la menace des éruptions volcaniques et des tremblements de terre, sous un ciel où soleil et pluie alternent naturellement, nos ancêtres ont traversé les mers en "pilotes exceptionnels", échangeant de tout, partout et avec tout le monde, mettant en place une culture cosmopolite.

Cette mobilité dans le temps et dans l'espace est caractéristique de ce peuple nomade-sédentaire, se manifestant notamment par la diaspora libanaise.

Les 10452 km2 du Liban sont habités par environ trois millions et demi de libanais, alors qu’environ dix autres millions de libanais habitent les cinq continents, installant la culture libanaise, exportée là où ils installent leur vie et celle de leurs enfants. Ouverts et prêts à s'adapter, ils s'imprègnent de la culture locale, l'adoptent, la conjuguent à leur culture natale, la réimportant volontiers au Liban.

Chrétiens (Maronites, Grecs-orthodoxes, Grecs-catholiques, …) et musulmans (Sunnites, Chi'ites, Druzes, ) forgent une société pluri-communautaire (plus de dix-huit communautés).

Deux religions, deux civilisations? La religion est au coeur de tout système culturel mais la religion ne définit pas à elle-seule la civilisation. Une civilisation est un art de vivre, des milliers d'attitudes qui se répètent, une réalité de très longue durée solidement accrochée à son espace géographique.

La langue, instrument de communication, est le pivot de l'identité culturelle. La libanité accueille comme fondamental le multilinguisme, non pas seulement comme l'apprentissage d'une autre langue étrangère, mais comme un élément essentiel à la définition et la consolidation de l'identité culturelle. Le bilinguisme, tradition très vieille, est une composante de la "personnalité libanaise", fonctionnant comme pacte culturel national. Il n'y a pas de répartition fonctionnelle des deux langues, l'arabe et le français notamment, mais il y a confirmation du bilinguisme voire du biculturalisme libanais.

Vivant sur une même terre, la société libanaise, dans son hétérogénéité, partage un espace commun. Celui-ci se transforme en espace public sous l'effet d'identifications croisées. Enrichi par l'histoire, l'espace public devient porteur de la mémoire collective.

La mosaïque libanaise est ainsi vouée au renouvellement continu, la diaspora participant à l'enrichissement du patrimoine par son appropriation à ce qu'elle découvre.