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| La démocratie active et participative locale est devenue un leitmotiv de la nouvelle gouvernance appliquée aux territoires. |
| Guy LOINGER |
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Dans une société développée et néanmoins traversée par de profondes disparités socio-culturelles, par la remise en cause d'une vision trop sommaire du lien entre développement économique et intégration sociétale, par la disparition des repères symboliques locaux dans l'organisation de la société et la prééminence du lien virtuel et abstrait proposé et imposé par le média informatique, par le passage au second plan des logiques de l'espace par rapport aux logiques du temps, le temps court de la gestion, de l'organisation, des réseaux de communication, la question de savoir comment "refonder" la société se pose. Or, dans la reconstruction des liens qui constituent le socle de la vie en société, dont l'urgence et la nécessité s'impose à tous, il apparaît que le "local" entendu au sens large allant du micro-local au régional et au trans-régional, est l'un des leviers possible. Or, cette redécouverte du "local" ne se limite plus, comme il y a deux décennies à la thématique du "développement" entendu comme le seul développement économique. Elle relie quatre champs, et non pas trois, comme le discours conventionnel sur le Développement Durable voudrait le faire croire : l'économique, le sociétal, l'environnemental et la gouvernance. Or le quatrième champ, qui est le seul à poser clairement la question politique de la relation des institutions légitimes avec le champ citoyen, peut trouver dans l'univers du local une réponse concrète et opératoire. Les mots-clés sont : Le droit à l'expérimentation et l'innovation locale, la prospective et l'évaluation des politiques publiques aux mailles fines du territoire, l'élaboration de projets de territoires selon un mode de co-construction des grandes orientations entre les acteurs et les citoyens, seule façon de réduire durablement la césure entre les deux catégories et d'éviter que les citoyens se comportent en simples consommateurs des politiques publiques. Cette évolution, qui est rendue possible par la mise en place
des trois lois d'orientations récentes concernant le champ de la
recomposition des territoires, doivent passer des bonnes intentions
ou de l'obligation formelle à un mouvement d'idées
soutenu par tous ceux qui estiment que le "local" n'est pas
une forme dépassée d'expression, mais au contraire un remarquable
levier d'intégration sociale et de recherche des voies pour une
nouvelle démocratie, compatible avec les contraintes propre à
une société ouverte au monde, aux progrès de la technologie
et à la responsabilisation des individus dans une société
d'autonomie personnelle. |
Guy LOINGER
Secrétaire Général
Observatoire International de Prospective Régionale - Paris
