Cheval Corps et Ame


Et je me demande


Où es-tu fier cheval
Toi dont la vitalité magnifique fait trembler d’effroi l’homme faible
Toi dont l’âme sans malice fait s’enfler d’envie l’homme médiocre
L’être hypocrite qui te poursuit de ses châtiments injustes
L’être narcissique qui te contamine de ses sournoises tares
Cheval, martyr d’un monde troublé comme de l’eau croupissante
Si tant de mais se tendent vers toi, c’est parce que tu es grand
Et qu’un muscle énorme bat dans ta poitrine
Préhensiles dressés vers ta puissance de chair
Et toi, de ta grandeur d’âme, tu laisses ces mains te convoîter
t’entraver, te mener où bon leur semble…
Mais c’est ça ou la mort, la disparition de ta race
cheval, dont la destinée, depuis la nuit des temps est scellée à la nôtre
Cheval, universel emblême de civilisation et de sang
Energie tellurique galopant dans nos veines
Noble animal aux pieds délicats
Prostituée sacrée et inconsciente
Ta peau ira au plus offrant
Comme celle d’une enfant de personne
Toi si fort, tu es comme un enfant dans nos mains
Et tes silences sont des puits au fond desquels le verbe s’est égaré
Et tes révoltes s’éteignent vite car tu n’es pas doué de parole…


Texte et images extraits de la vidéo

"Cheval Corps et Ame"

© Tamara Laï 1991