retour au formulaire d'inscription
sur la liste de diffusion des informations de La Rétaise

LE HAUT DÉBIT SUR L'ILE DE RÉ ? IL NE TIENT QU'À NOUS

AVEC « LA RÉTAISE DES SIGNAUX »


Le jeudi 6 février, plus d'une centaine de personnes se sont réunies au Bois-Plage dans la salle municipale des Oyats pour évoquer la trop lente arrivée du haut débit sur l'Ile de Ré, en particulier celle de l'ADSL. Initiée par Chantal LELLI de Sainte-Marie et soutenue par Patrick NOIREZ, adjoint au Bois-Plage qui nous accueillait, par Patrice RAFFARIN, adjoint à Rivedoux, la réunion était animée par l'association Radiophare représentée par Olivier ZABLOCKI, Bénédicte DEBROISE, Mathieu COSTE et l'équipe des Ateliers du Soleil pour les locaux, par Bernard DUGAS venu du Jura témoigner de son expérience d'entrepreneur de réseaux, enfin par MOSE et l'équipe de Makina Source pour les développements d'usages et d'applications.

Léon GENDRE, a ouvert la séance ; en sa qualité de Président de la Communauté de Communes il a tenu à souligner l'importance de l'enjeu pour l'Ile-de-Ré et son soutien personnel au processus de réflexion et d'action engagé par les organisateurs. Mais c'est en sa qualité de Conseiller général et rapporteur du budget, qu'il a tenu à marquer la compétence du Conseil Général de la Charente-Maritime en ce domaine et à annoncer qu'une contribution effective à l'aménagement des réseaux devraient apparaître dans quelques semaines lors de la présentation du budget du département.

L'association RADIOPHARE a précisé ses objectifs de coopération entre ses membres dans le domaine radiophare.net et sa présence constante depuis plusieurs années sur l'échange d'informations entre les services publics et les citoyens que ce soit en période de crise (Erika, Ievoli Sun, Tempête, Prestige) qu'en situation « normale ». L'association travaille à l'instauration durable de dispositifs de partenariat public/privés dans la pratique des réseaux.

Le contexte dans lequel se situe ces réflexions a été rappelé. L'Ile-de-Ré c'est 17000 personnes l'hiver, 160 000 l'été ; 10 communes qui peuvent devenir un nouveau laboratoire de développement. C'est aussi la volonté que nous défendons depuis plusieurs années de ne pas produire uniquement du tourisme comme valeur ajoutée rétaise. Pour y parvenir il y a un besoin d'infrastructure : il faut obtenir l'internet à haut débit sur l'Ile-de-Ré, nécessité vitale pour les entreprises actuelles, qu'elles soient traditionnelles ou orientées NTIC et pour celles qui pourraient développer de nouvelles activités et diversifier l'économie locale. L'ambition de RadioPhare est de faire de l'Ile un espace d'expérimentation et d'excellence sur les nouvelles technologies autour du travail en réseau et des logiciels libres, en s'appuyant sur l'image insulaire et porteuse du territoire. Le passage à l'acte a déjà eu lieu puisque nous venons d'obtenir de l'ART (Autorité de Régulation des Télécommunications) une licence expérimentale pour établir un réseau de 10 réseaux de proximité WIFI sur l'Ile. L'expérimentation porte sur les trois niveaux : Infrastructures, services, usages mais le point important est, au-delà des seules approches techniques, la part d'expérimentation que nous avons proposée et fait valider par l'ART sur le plan de la maîtrise d'ouvrage avec la création d'une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC).

*


Le problème actuel du haut débit
: Le haut débit correspond à une liaison permettant de disposer d'une image vidéo de qualité télévisée. Pour cela le débit doit être supérieur à 1 Mega bit par seconde dans les deux sens (émission réception) et le temps de réponse (latence) inférieur à 200ms. A noter qu'une liaison satellitaire propose un temps de réponse supérieur à 500ms ce qui réduit la qualité.

- La meilleure technique actuelle pour transporter des données très rapidement est la fibre optique qui les transporte à la vitesse de la lumière dans des gaines enterrées en général le long des routes.

- Une technique plus lente mais néanmoins fort acceptable pour quelques années encore est le DSL (Digital Suscribe Line) qui utilise les fils de cuivre du téléphone pour transporter le signal. Enterrés ou non le long des routes, ces fils irriguent le pays de manière descendante, partant des grands centres pour aller vers des répartiteurs (grosses armoires) placés tous les 5km, où ils se démultiplient en étoile vers des sous-répartiteurs (petites armoires) et rejoignent ensuite nos maisons. C'est l'opérateur historique, France-Télécom, qui gère d'une manière globale tout le réseau et loue l'ensemble, du fils de cuivre, au réseau, au matériel, à l'annuaire. Pour qu'un autre acteur, une coopérative locale d'utilisateurs dans notre cas, puisse louer seulement cette boucle locale de cuivre et la transformer en haut débit, il faut pouvoir séparer le lot, c'est-à-dire « dégrouper ». Le principe pour transformer ces fils de cuivre en DSL est de placer des boîtiers modem dans les répartiteurs et d'autres modems dans les sous-répartiteurs pour garantir un bon débit à l'utilisateur le plus éloigné. Par le dégroupage, dans notre exemple, la coopérative place ses modems dans un petit local technique près des répartiteurs. Il existe quatre type de modem DSL selon leur débit, le moins rapide et le moins cher étant l'ADSL. Dans le cas rétais la coopérative peut louer les lignes pour 13 Euros mensuels à leur propriétaire France Telecom qui devient alors « grossiste » ; elle équipe les répartiteurs et redistribue « au détail » les lignes à ses sociétaires. La loi le permet et la nécessité de se substituer à l'opérateur historique, lorsqu'il ne procède pas aux aménagements comme c'est désormais le cas à hors des agglomérations, l'impose.

- Enfin, des techniques sans fil, utilisant les ondes radioélectriques émises par satellite permettent d'irriguer des lieux sans être contraint par des infrastructures physiques. Ainsi le plus simple, le Wifi, à partir d'une liaison bi-directionelle par satellite, nécessite une parabole puis des antennes qui permettront à des utilisateurs « à vue » de créer entre eux un réseau d'interconnection. Chacun devient émetteur et récepteur en ajoutant un petit boîtier à son ordinateur et le réseau devient d'autant plus important qu'il y a d'utilisateurs. C'est ce qui va être également déployé sur l'Ile en complément du DSL

Aujourd'hui, sur l'Ile de Ré, la fibre optique parvient au moins à tous les villages (sauf Loix) mais comme si la seule voirie existante était une route départementale ; il faudrait encore enterrer des kilomètres de fibres pour pouvoir irriguer les quartiers, les rues, les venelles et toutes les maisons. Or le coût des travaux est gigantesque si aucun fourreau n'a été posé en prévision lors des réfections de chaussée. Il convient pour nous de faire progressivement avec l'aide active de chaque commune et des services de la DDE l'inventaire des fourreaux disponibles. Celui-ci devrait révéler d'intéressantes surprises.

Pour le DSL, le téléphone étant partout, le seul obstacle est le coût encore abusif réclamé par France-Télécom pour effectuer le dégroupage et se contenter ensuite de la simple location de la ligne sur laquelle la coopérative aura implanté ses modems. Ce n'est pas un problème technique, ce n'est pas un problème financier, c'est un problème stratégique et politique ; dans ce sens, nous ne doutons pas avec le soutien des élus et de toutes les forces vives de l'Ile d'imposer à France-Télécom une solution gagnant/gagnant en jouant la carte de l'expérimentation rétaise. Au niveau national cette évolution est déjà bien engagée puisque nous pouvons annoncer que des chercheurs de France Telecom Recherche & Développement au laboratoire de la Direction des Interactions Humaines (DIH) à Issy-les-Moulineaux ont déjà inscrit l'expérience d'appropriation des réseaux sur l'Ile-de-Ré comme sujet de leurs études. A ce niveau d'études l'Ile-de-Ré se retrouve associée à une étonnante variété de lieux expérimentaux en France.

Ainsi, notre choix, face à la multitude des technologies actuelles, face aux spécificités de notre territoire, face aux délais imposés par le règlement des problèmes concernant France-Télécom, est de partir du besoin des utilisateurs et de construire le réseau par le bas. On utilisera, par exemple, une technique pour relier les maisons (Wifi), une autre les villages (DSL) une autre le continent (la fibre optique) et on adaptera au fur et à mesure les techniques aux besoins et aux coûts supportables. L'objectif est d'avoir du haut débit à un prix et à une qualité comparables à ce qui est accessible en milieu urbain. Ce qui est possible en maillant les techniques. Le territoire de l'Ile-de-Ré va gagner ainsi une véritable politique concertée d'aménagement des réseaux. La concertation vise ici tous les acteurs concernés au premier rang desquels nous plaçons les usagers. Car nous considérons avant tout que le "premier kilomètre carré" constitue un niveau déterminant en la matière, trop souvent oublié au profit de "grandes manoeuvres" qui n'ont pas, jusqu'à aujourd'hui, apporté la preuve incontestable de leur efficience. Pour regrouper les utilisateurs, les connaître et négocier les technologies adaptées, nous avons donc opté pour le cadre juridique idéal que représente pour nous la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) qui sera chargée de construire une maîtrise d'ouvrage ad hoc en la matière. De forme privée et d'intérêt public, la Scic est une nouvelle forme d'entreprise coopérative qui perme d'associer celles et ceux qui, salariés, usagers, bénévoles, collectivités territoriales ou tous autres partenaires, veulent agir ensemble dans un même projet de développement local. La SCIC de l'Ile de Ré sera la première SCIC Française dans le domaine des télécommunications. Nous l'avons nommée « La Rétaise des Signaux ».


Nous déposons aujourd'hui les statuts qui permettront au Préfet de valider dans les deux mois « La Rétaise des Signaux » comme d'intérêt réellement collectif. Une « liste de diffusion » accessible à tous depuis la Une du site http://www.radiophare.net où chacun peut s'inscrire en cliquant sur le lien « s'inscrire à la Rétaise » nous permet de communiquer entre tous les intéressés et/ou futurs sociétaires. Dans les semaines à venir avec une vingtaine de sociétaires potentiels par village, prêts à jouer ensemble l'aventure du haut débit, nous organiserons autour d'eux une rencontre d'information complémentaire par commune. Ces réunions permettront notamment d'expérimenter notre collaboration sur Internet pour que tout le monde se sente à l'aise avec des principes de communication basiques et permettront d'expliquer l'intérêt et le montage de la coopérative. Nous nous retrouverons tous enfin lors d'une journée d'étude organisée fin mars sur l'Ile-de-Ré avec tous les partenaires de la SCIC.

Notre objectif global: le partenariat public/privé. Ainsi, notre souci au niveau des infrastructures est d'inscrire notre démarche dans la plus parfaite coopération possible entre le public et le privé et en particulier, partant des besoins rétais, avec ce qui est ou sera fait tant à l'échelle du département de la Charente-Maritime qu'à l'échelle des agglomérations (bipôle La Rochelle-Rochefort) et enfin de la Région Poitou-Charentes. Nous publierons la semaine prochaine les dates des réunions communales. L'expérience est lancée. Nous avons tous intérêt pour nous mais également pour l'avenir de l'Ile-de-Ré a devenir ensemble les partenaires d'une aventure où chacun ne peut qu'être gagnant.

Pour Radiophare
Bénédicte DEBROISE et Olivier ZABLOCKI


retour au formulaire d'inscription
sur la liste de diffusion des informations de La Rétaise